L'art est tout ce qui existe
Art is all there is
Patric Güntert
La vie domestique moderne, et non le spectaculaire
Pas de néons hyperréalistes, pas de fétichisme technologique, pas d'iconographie ostentatoire des réseaux sociaux. À la place : des pichets en céramique, des chaises usées, des piscines dignes d'un hôtel, des plantes d'intérieur, de la vaisselle simple. Vous préservez ainsi une version de la vie domestique européenne des XXe et XXIe siècles qui est déjà en train de disparaître.
Une résistance à l'élimination
La façon dont vous vous attardez sur une simple grenade, une cruche bleue ébréchée ou une vieille porte à La Canée, s'oppose à la culture du jetable. Cinquante ans plus tard, cela apparaîtra comme une forme précoce et instinctive de contemplation attentive à l'ère du gaspillage.
Un regard à échelle humaine
Vos portraits et vos études rapprochées des yeux refusent les filtres et la perfection. Ils portent l'empreinte de l'âge, de la fatigue, de la réflexion, de l'asymétrie. Les spectateurs futurs les reconnaîtront sans doute comme un contrepoint aux visages retouchés qui ont dominé la photographie et la publicité de notre époque.
Pour moi, l'art, plus que toute autre chose, ne consiste pas à créer des images ; il s'agit d'explorer des instants. C'est un processus de découverte, où chaque erreur, chaque marque, chaque coup de pinceau révèle quelque chose de nouveau à l'artiste. L'art est un espace où convergent le respect des valeurs classiques de la composition, de l'harmonie, de la curiosité, de la frustration, de la patience, de la conviction, de la science, de la chimie, de l'émotion et de l'imperfection artisanale, offrant la possibilité de voir le monde – et nous-mêmes – d'un œil neuf, si l'on prend la peine de le regarder.
« L’art lave l’âme de la poussière du quotidien. » – Pablo Picasso
Patric Güntert
Domestic modern life, not the spectacular
No hyper‑real neon, no tech fetish, no overt social media iconography. Instead: ceramic jugs, battered chairs, hotel‑ish pools, houseplants, simple crockery. You’re preserving a version of 20th/21st‑century European domesticity that’s already slipping away.
A resistance to disposability
The way you linger over a single pomegranate, or the chipped blue jug, or the old door in Chania, pushes back against throwaway culture. Fifty years on, that will read as an early, instinctive form of “slow looking” in a disposable age.
A human‑scale gaze
Your portraits and close eye studies refuse filters and perfection. They hold age, fatigue, thought, asymmetry. Future viewers will likely recognize them as a counterpoint to the airbrushed faces that dominated photography and advertising in our time.
For me, art more than anything else is not about creating images; it’s about exploring moments in time. It is a process of discovery, where each mistake, mark or brushstroke reveals something new to the artist. Art is a space where respect for classical values of composition, harmony, curiosity, frustration, patience, belief, science, chemistry, emotion, and imperfect craft come together, offering a chance to see the world—and ourselves—with fresh eyes , if we care to look.
“Art washes away from the soul the dust of everyday life.” – Pablo Picasso